Béchir Akremi n'a pas perdu ses capacités mentales. C'est ce qui ressort de la visite qui lui été rendue par l'Instance nationale pour la prévention de la torture (INPT).Après avoir essuyé un refus dimanche 19 février 2023, l'instance a pu rendre visite, lundi soir 20 février 2023, à l'ancien procureur de la République, Béchir Akremi, qui est interné au service de médecine psychiatrique légale de l'hôpital psychiatrique Razi de La Manouba, indique un communiqué de l'instance publié tard dans la même soirée.
Le même document spécifie que cette visite s'est tenue après que l'instance ait contacté la directrice générale de l'hôpital ainsi que la cheffe de cabinet du ministre de la Santé. L'instance a pu, par elle-même, constater les conditions de détention et le traitement fourni par les personnes chargées de son séjour obligatoire à ce service.
Pour d'amples précisions, le président Fethi Jarray a été contacté par Mosaïque FM et sa déclaration reprise dans son bulletin d'information de la soirée du lundi.
M. Jarray a expliqué qu'il ne faisait pas partie de la délégation et qu'il n'avait pas encore reçu le rapport mais que selon les informations préliminaires qu'il a reçues « Béchir Akremi est détenu dans des conditions normales d'une personne retenue obligatoirement ».
En réponse à une interrogation du journaliste concernant la santé mentale du prévenu, le président de l'INPT a rétorqué : « Non, il n'a pas paru fou à la délégation qui l'a rencontré ». Et d'expliquer qu'il y a quelques semaines, une délégation l'a rencontré avec d'autres détenus. « Dans la visite d'avant celle-ci, il était en pleine possession de ses capacités mentales et aujourd'hui je n'ai pas été informé du contraire », a-t-il soutenu.
Rappelons que la cheffe de service de la médecine psychiatrique légale à l'hôpital psychiatrique Razi de La Manouba avait empêché, dimanche 19 février 2023, une délégation de l'Instance nationale pour la prévention de la torture (INPT) de visiter l'ancien procureur de la République, Béchir Akremi (sans mentionner son nom dans leur communiqué, ndlr).
La veille, lundi 20 février 2023, son avocat Hamadi Zaafrani, avait exprimé des craintes pour la vie de Béchir Akremi, son client ayant été chargé des plus importantes affaires après la révolution, d'où les raisons de le craindre et d'autres de craindre pour son intégrité physique.
« Sa vie peut être menacée et il est nécessaire de permettre à son avocat et à sa famille de lui rendre visite », a-t-il indiqué.
Et de spécifier que le ministère public avait décidé, vendredi 17 février 2023, de relâcher son client (ce dernier n'ayant pas voulu répondre à leurs questions et se raccrochant à son immunité) et de l'admettre à l'hôpital psychiatrique Razi, affirmant qu'il y a des rapports médicaux indiquant que Béchir Akremi a eu une grave crise psychologique.
En effet, Béchir Akremi avait été admis, dans la soirée de vendredi 17 février 2023, à l'hôpital psychiatrique Razi. Il aurait été victime d'une crise au Centre de détention de Bouchoucha à la suite de son maintien en garde à vue.
L'ancien procureur de la République avait été arrêté dimanche 12 février. Il est accusé par le comité de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi de dissimulation de preuves et d'entrave à la justice. On l'accuse, également d'avoir été chargé, par le président du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi, d'innocenter des terroristes et de bloquer l'enquête portant sur les assassinats politiques.
Posté Le : 21/02/2023
Posté par : infos-tunisie
Source : www.businessnews.com.tn