La séance d'audition du ministre de la Justice et celui de l'Intérieur, à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), n'a pas apporté d'éclaircissements concernant les affaires des assassinats politiques et de la « Chambre noire ». On peut arguer, simplement, que la justice suit son cours et que l'enquête se poursuit. Mais cela n'étanche pas la ssoif de l'opinion publique, à propos de ces dossiers qui restent toujours flous.Le ministre de la Justice, Karim Jamoussi, a indiqué que "le dossier relatif à l'ouverture d'une enquête sur les révélations faites par le collectif de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi est actuellement entre les mains de la chambre d'accusation".
S'exprimant, hier, lors de la séance de questions adressées aux ministres de la Justice et de l'Intérieur au sujet des révélations du collectif de défense, Jamoussi a ajouté que le ministère public près le Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme a ouvert une enquête, le 8 octobre dernier, sur ces révélations.
Le doyen des juges d'instruction a été chargé du dossier de l'affaire avant d'y renoncer et de renvoyer au ministère public, a-t-il relevé.
Sur "la chambre noire" du ministère de l'Intérieur, Karim Jamoussi a déclaré que le premier juge d'instruction près le Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme s'est rendu le 9 novembre au ministère de l'Intérieur et a saisi les documents.
Les documents saisis sont, actuellement, au siège du Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, a-t-il noté.
Examens des dossiers saisis
D'après lui, l'enquête se poursuit en attendant que le juge d'instruction examine les documents saisis et prenne les décisions appropriées.
Le ministre de la Justice a, dans ce sens, précisé qu'au cas où le juge d'instruction découvre de nouvelles données d'une importance capitale il les soumettra, dans ce cas, au procureur de la République qui prendra les mesures nécessaires.
Le 22 octobre dernier, a-t-il ajouté, le collectif de défense a porté plainte devant la justice militaire au sujet de l'existence d'une organisation secrète.
La justice militaire a décidé de confier le dossier de l'affaire au procureur de la République près le Tribunal de première instance de Tunis.
Il a affirmé que le département de la Justice se tient loin de toute ingérence dans cette affaire pour préserver la confidentialité des recherches et ce conformément aux dispositions de la Constitution.
Rappelons que le bureau de l'Assemblée des Représentants du peuple a décidé, jeudi dernier, de tenir une séance de questions orales aux ministres de la Justice et de l'Intérieur sur les révélations faites par le collectif de défense le 2 octobre dernier au cours d'une conférence de presse.
La «Chambre noire» n'en est pas une !
S'exprimant lors d'une séance plénière tenue hier au parlement consacrée à l'audition des ministres de la Justice et de l'Intérieur à propos des déclarations du Collectif de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, le ministre de l'Intérieur, Hichem Fourati a refusé le qualificatif de "chambre noir" donné au lieu où ont été saisis les documents liés aux affaires des assassinats.
Les documents en question se trouvent dans un endroit connu relevant de la Direction de la documentation et de l'information du ministère de l'Intérieur, a-t-il expliqué.
Fourati a fait observer dans ce sens que ces documents se trouvent dans l'un des bureaux réservés à la conservation des archives de la Direction de la documentation. Ce bureau, a-t-il ajouté est sécurisé 24 heures sur 24 heures par des caméras de surveillance et des agents de sécurité.
Le ministre de l'Intérieur a relevé à cet égard que le juge d'instruction du 12ème bureau du Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, avait lors de l'inspection du lieu où sont déposés les documents, mentionné dans son rapport daté du 13 novembre 2018, que les documents liés aux deux affaires se trouvaient à l'étage inférieur de la Direction de la documentation et de l'information.
Posté Le : 20/11/2018
Posté par : infos-tunisie
Source : www.letemps.com.tn